Un séminaire de la BCGE a jeté les bases d'une réflexion sur le monde de demain. Lors d'une conférence d'une heure organisée à Genève hier par le département Entreprises France de la BCGE, le directeur général d'Averroès développement Dominique Schmauch
, a réussi un tour de force intellectuel. Appuyé sur les grands concepts kantien (l'intuition, la représentation, l'entendement) mentionnés dans la Critique de la raison pure, le chercheur a déconstruit tous les schémas de réussite sur lesquels les entrepreneurs pensent élaborer leur succès de demain. «la création de valeur obéit à des processus réflexifs dont les managers ne saisissent même pas l'importance en termes de création de valeur pour leur groupe», souligne le directeur du cabinet indépendant de conseil en stratégie d'entreprise.
La robotique comme le scooter à trois roues sont des exemples aboutis de transformation économique majeures pour l'orateur. «L'innovation doit être perçue comme une transformation permanente. Elle nait souvent de l'étonnement et surgit rarement d'un amas de connaissances. » En clair, choisir la voie du tabula rasa chère à Spinoza ou encore être disposé à quelques pensées nihilistes (lire Nietzsche) seraient les meilleures dispositions auxquelles les dirigeants devraient se consacrer. Sans oublier de maîtriser les plus influentes références en stratégie, que pourraient symboliser des ouvrages tels que L'Art de la guerre de Sun Tzu ou encore la Guerre hors limites de Qiao Liang ou Wang Xiangsui.
Sans rentrer dans les détails, la présentation de ces théories avait un seul but déclaré: aider les stratèges (chefs d'entreprises) à anticiper ce qui va émerger. «L'innovation est la certitude aujourd'hui que l'incertain peut surgir à chaque instant, même les choses les plus folles. Mais je n'ai pas réussi à déclencher parmi ses 100.000 applications le chronomètre de mon iPhone ce matin.» Les progrès de la science permettent de donner naissance aux projets les plus imaginatifs (un nouveau produit). Mais cette invention reste caduque sans l'apport d'un sens riouve-aii.(un projet à porter). A l'heure de la mondialisation et de l'hyper connectivité, le manager est placé devant le paradoxe suivant: Comment innover en apportant de la valeur à son entreprise et au bénéfice de son client?
Les réseaux virtuels on bousculé ces dernières années les habitudes. Certaines sociétés ont ouvert leur R&D à l'externe en déclarant être prêtes à payer ceux qui les aideraient dans leurs buts. «Les paradigmes changent Votre souci dans cette déconstruction de la linéarité est de créer de nouveaux écosystèmes. » Sans faire appel ouvertement à Karl Popper, Dominique Schmauch a un simple principe: «ce dont vous pouvez être certain c'est de l'incertitude de votre connaissance.» Combien de génies pensaient révolutionner le monde alors que leurs projets ou produits n'ont jamais atteint leur public ? «Chaque modèle d'affaires doit, dans sa création, d'abord être conçu dans un souci de vente», a-t-il martelé. A chacun d'ériger ces conseils ou lignes de pensées en principe de conquête de marché et de se faire une place sur un marché mouvant mais qui n'existe pas encore.
Un article de l'AGEFI, en date du 28.04.2010, par JEREMY NIECKOWSI